Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 10:34
    Communiquer, dialoguer, écouter, comprendre les autres et se faire comprendre. Tels sont les enjeux principaux de la petite section. Ce sont souvent les compétences qui apparaîssent en premier dans les livrets d'évaluation. Car pour réussir à l'école, le plus important est de comprendre les consignes.
    Plus on a de mots dans son répertoire, plus on est armé pour apprendre à lire, quelque soit la méthode utilisée.
    Pour cette raison les classes de petite section sont remplies d'imagiers, et en tant qu'enseignant on passe beaucoup de temps à nommer les objets usuels, mais aussi à commenter les gestes effectués lors des activités. Si à l'école les enfants sont dans un bain de langage structuré par l'enseignant, il devrait en être de même à la maison.
    Ayant travaillé dans des quartiers difficiles, on se rend compte que ce que vit l'enfant chez lui peut favoriser, ralentir ou même stopper l'apprentissage du langage.
    Dans certaines familles les difficultés sont telles, que l'on n'a pas le temps de s'adresser à son enfant. Surtout s'il est petit. Et malheureusement c'est à ce moment qu'il a le plus besoin d'être sollicité.
    Il m'est déjà arrivé de constater que, lors de séances de langage, certains enfants ne pouvaient nommer leurs frères et soeurs. La conséquence est que ces enfants ne s'intéressent pas aux mots, à l'écrit. Ils ne chantent pas car ne comprenant pas les paroles, ils ne peuvent les mémoriser. Ils n'écoutent pas la lecture d'albums. Et surtout comme ils ont du mal à comprendre ce que l'on attend d'eux, ils sont facilement en échec scolaire. Bref ils sont malheureux à l'école.
    Nous pouvons donc faire beaucoup, en tant que parents, pour aider nos enfants à réussir à l'école. Et la première des choses est de leur parler correctement. C'est à dire de nommer les objets, et les actions. De les reprendre gentiment, une fois, lorsqu'ils se trompent de mot ou font une phrase incorrecte sur le plan syntaxique.
    D'ailleurs on remarque tout de suite les enfants sollicités à la maison. Ceux qui ont beaucoup de vocabulaire tirent souvent parti de tout ce qui est dit dans la classe. Rien ne leur échappe, et ils s'enrichissent tous les jours. De cette façon ils sont plus sensibles au monde qui les entoure, sont plus curieux. Et leurs connaissances se développent de façon exponentielle.
    Ensuite viennent les questions, et ce sont eux qui nous sollicitent. Nous n'avons alors plus qu'à les écouter et répondre du mieux que nous pouvons à leurs interrogations.
    Je suis convaincu que stimuler nos enfants sur le plan langagier est indispensable pour qu'ils profitent au maximum de ce que l'école peut leur apporter.

   
Par daniel - Communauté : Ecole
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 09:17

    Voila le premier dessin que Jade a ramené de l'école. J'en suis très fier car il révèle plusieurs compétences en graphisme, repérage dans l'espace, et arts plastiques, que je vais vous décrire.
    Car même si ce dessin ressemble à du grabouillage sans intérêt, il n'en est rien, bien au contraire.
    Les premières traces que laisse un enfant sont le premier pas vers l'écriture, mais aussi la représentation. Aussi il faut toujours les encourager à dessiner, en s'assurant bien sûr de leur fournir un cadre approprié. D'ailleurs préparer les enfants à l'écriture est un objectif majeur de l'école maternelle. Pour être capable d'écrire en cursive, c'est à dire en écriture attachée, l'élève doit acquérir une motricité fine qui va être le fruit de plusieurs années de pratique. En commençant par des grands gestes sur des grands supports, avec les doigts, des pinceaux, et toutes sortes d'outils, détournés ou non, permettant de laisser des traces de plus en plus fines et complexes.
   D'ailleurs, jusqu'à cette rentrée, avant de maîtriser l'écriture cursive en grande section, l'enfant passait par une ou deux étapes d'écriture, correspondant à trois niveaux de difficulté. L'écriture en majuscule d'imprimerie, dite "en bâton", qui devait permettre à l'enfant d'écrire son prénom en début de moyenne section. L'écriture en script, telle qu'elle apparaît dans les livres, était enseignée ensuite jusqu'en début de grande section, pour arriver à l'écriture cursive, censée être maîtrisée à l'entrée au CP.
   Avec les nouveaux programmes cette progression est obsolète, seule l'écriture cursive doit être enseignée. Maintenant, on ne parle plus d'écriture bâton ou script mais d'activités graphiques.
    L'avenir nous dira si ce changement est bénéfique pour les élèves. Pour l'instant les détracteurs disent que l'enfant est impatient de donner rapidement du sens à ses écrits, et l'écriture bâton permet à des enfants de quatre ans d'écrire quelques mots. C'est alors un moyen d'entretenir la motivation de l'élève pour progresser dans les activités graphiques.
    Pour ma femme, enseignante en CP, lorsque les enfants maîtrisent l'écriture bâton, ils ne voient pas l'intérêt d'en changer. Ils ont alors beaucoup de difficultés à apprendre une nouvelle écriture.
    Je pense que ça vaut la peine d'essayer cette nouvelle voie, à nous enseignants de proposer des activités graphiques riches et diversifiées pour motiver les élèves et les amener rapidement à la maîtrise de l'écriture cursive.
   
    Pour en revenir au dessin de Jade, nous pouvons voir que ses traces sont assez strucurées.
    Elle a investi toute la feuille, et a donc une vision globale de l'espace dont elle dispose pour dessiner. Au contraire des premières traces où souvent l'enfant passe et repasse au même endroit jusqu'à faire un trou dans la feuille. De la même façon, un enfant qui est capable de colorier toute une surface montre déjà une certaine habileté.
    On voit aussi qu'elle dispose d'un répertoire de signes graphiques simples. Comme les points et les traits verticaux. Qui sont en général les signes les plus facilement maîtrisés.
    Quant aux enchevêtrements de lignes, il reflètent à mon avis la conscience qu'elle a de signes graphiques plus complexes, mais qu'elle n'arrive pas encore à reproduire, comme le rond, ou même des mots qu'elle a vu écrire par des grandes personnes.
   Pour cette raison inciter ses enfants à dessiner ne peut être que bénéfique. Surtout si on dessine avec eux . Il est alors très important de verbaliser et de commenter les formes graphiques dessinées. Traits, ronds, carrés, bonhommes, fleurs, chiens et autres animaux qui attirent l'attention des enfants. Attention de ne pas forcer votre enfant, il doit aller à son rythme et être demandeur. Sinon, vous obtiendriez l'effet inverse.
    Enfin le fait d'utiliser plusieurs couleurs enrichi leur sensibilité visuelle ainsi que leur langage, si on prend soin de nommer avec eux les couleurs. Cette compétence sera évaluée en fin de petite section.

Par daniel
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 13:03
    Jade a fait sa rentrée aujourd'hui, vos enfants également. Alors, quel est le bilan de ce premier jour de classe?
    Tout d'abord, elle n'a pas pleuré, ce qui est plutôt bien. Mais comme elle ne veut pas retourner à l'école jeudi, je me dit que ça n'est pas forcément significatif.
    Les élèves de sa classe ont beaucoup pleuré à l'accueil selon la maîtresse. Et je pense que son accueil n'est pas forcément organisé pour les atténuer.
    En fait les parents ont à peine le droit de franchir le seuil de la classe, et on sent que leur présence n'est pas souhaitée.
    Pour ma part je faisais le contraire. Car les parents comme les enfants ont besoin d'être accueilli, et de passer un petit moment dans la classe avec leur enfant. Ce moment peut d'ailleurs être ritualisé et faire partie de l'emploi du temps. Comme accompagner son enfant prendre son étiquette prénom, et valider avec lui le choix de l'étiquette.
    Ceci dit, si un enfant ne veut pas quitter ses parents au bout de quelques minutes, rester avec lui ne fera que lui faire croire qu'il a encore une chance de repartir. Dans ce cas il faut se résoudre à dire au revoir, à tout à l'heure, faire un dernier bisou puis partir. Ce qui est très  dure à vivre aussi bien pour les enfants que pour les parents.
    Il est  rare cependant qu'un enfant continue à pleurer une fois que ses parents sont partis. En général il se fait une raison et une fois qu'il a séché ses larmes part jouer dans les coins jeux ou va faire un dessin. Souvent d'autres enfants les invitent à jouer avec eux. Et cet épisode douloureux est vite oublié.
    Il arrive aussi que le moment le plus dur pour les enfants soit le départ pour la cantine. Je ne sais pas pourquoi mais pour les élèves de petite section ce moment est dur à vivre. Cela dépend sûrement des animateurs et de la nourriture proposée, qui ne correspond pas toujours à leurs habitudes alimentaires. Pourtant je sais que les cantines sont très contrôlées et proposent toujours des repas équilibrés, avec beaucoup de légumes. C'est peut-être là qu'est le problème. A 3 ans on n'a pas très envie de tester de nouveaux goûts. Bien au contraire on préfère se réfugier vers les valeurs sûres que sont (dans l'ordre) les pâtes, les pommes de terre et le riz.
     Idéalement je pense que pour les enfants de petite section la matinée à l'école est amplement suffisante.Surtout en début d'année.
   
   

Par daniel
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 09:57
    C'est demain le grand jour.
    Ma fille et des milliers d'autres enfants entreront à l'école.
    Ca paraît dingue mais demain, en plus d'être nos enfants ce seront des élèves. Quel bouleversement.
Si cela résonne aussi fort dans mon cerveau, c'est que je suis professeur des écoles en maternelle. Donc je sais exactement à quoi m'attendre, et quelles  peuvent être les difficultés de cette rentrée.
    Si votre enfant allait à la crèche, cette rentrée devrait se faire en douceur car il a l'habitude de la collectivité. Normalement il devrait entrer en trombe dans la classe, saluer brièvement son maître ou sa maîtresse puis filer dans les coins jeux. Pour ces enfants, aucun problème, l'école est le prolongement de la crèche, il faudra juste s'adapter à un emploi du temps différent.
    Si votre enfant était en nourrice, avec vous ou tout autre membre de votre famille, cela peut vite se compliquer. Car il s'agit pour ces enfants, dont ma fille fait partie, de surmonter la séparation avec les proches. Et surtout de vivre en tant que groupe une bonne partie de la journée. Il faut souvent à ces enfants une pèriode d'adaptation pour se sentir bien à l'école. Celle-ci peut aller d'une semaine à deux mois.
    L'adaptation à l'école dépend aussi de l'âge de votre enfant. S'il est né en janvier ce sera plus facile que s'il est né en décembre. Car de mois en mois nos enfants mûrissent sur le plan affectif et deviennent plus autonomes et indépendants. Ils se tournent progressivement vers le monde extérieur et nouent plus facilement des amitiés avec les autres enfants de la classe. De cette façon les enfants de fin d'année ont souvent besoin que l'on s'adresse à eux directement, car ils ne se rendent pas compte qu'ils font partie d'un groupe.
    En écrivant ce premier article je me rends compte que j'ai énormément d'informations et de vécu à partager, en tant qu'enseignant,  avec les parents qui comme moi ont un ou des enfants en petite section.
    J'alimenterai ce blog au jour le jour avec comme fil directeur la scolarisation de ma fille Jade.
    A bientôt pour le compte-rendu de la rentrée.



Par daniel
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